Français

La forêt du Lenneberg: un écosystème et une réserve naturelle en danger

La région de Mayence appartient aux régions les plus chaudes de l'Europe centrale.C'est la raison pour laquelle elle abrite de nombreux animaux et plantes rares par ailleurs en Allemagne et vivant normalement de nos jours dans l'est ou dans le sud de l'Europe. Cette richesse d'espèces est rendue possible par le fait que la forêt du Lenneberg n'est pas une forêt homogène et uniforme, mais plutôt une mosaïque variée de biotopes différents.
La forme dominante est certainement la forêt de pins, parfois mélangés à des chênes, avec un sous-bois épais et un grand nombre d'arbrisseaux et de buissons. Cette forêt est en général claire et abrite une flore dont les espèces caractéristiques telles que les orchidées (p. ex. la céphalanthère rouge (Cephalanthera rubra)), les violettes et les pensées sauvages ainsi que les plantes à feuilles résistantes ont beaucoup reculé au cours des dernières années ou sont même, pour certaines, pratiquement en voie de disparition.
Actuellement dans le domaine du Lenneberg, la forêt composée exclusivement de feuillus n'occupe que de rares sols humides. Les essences de feuillus comme p.ex. l'érable, le tilleul et le robinier sont plutôt indésirables sur les habitats secs parce qu\' elles y produisent beaucoup d\' ombre et que leur feuillage engraisse le sol. Or, la végétation caractéristique du Lenneberg est celle un habitat clair et d'un sol sablonneux et pauvre en substances nutritives dont la perméabilité renforce encore l'effet de chaleur du climat.. Aux endroits où la forêt s\'éclaircit, on trouve souvent des espèces marginales à tige haute dont les plus caractéristiques sont le sceau-de-Salomon (Polygonatum commutatum) et le bec de grue ou géranium vivace (Geranium sanguineum). Enfin, la végétation des clairières ensoleillées présente p.ex. le stipe à feuilles pennées (Stipa pennata) ou l'immortelle des sables (Helichrysum arenarium) et rappelle les prairies sèches des \"Sables de Mayence\".
Tous ces habitats - y compris les "Sables de Mayence"- sont peuplés en outre par les espèces animales caractéristiques correspondantes et forment, par leurs multiples interactions, un grand écosystème. Mais depuis quelques décennies, ce système écologique est hautement menacé, non seulement au niveau des arbes, mais aussi - et partiellement à un degré beaucoup plus élevé - au niveau de la végétation basse ainsi que de la faune. Les causes de ces menaces sont bien connues: pluies acides, urbanisation de plus en plus dense et rapprochée, pression grandissante d'une population à la recherche de loisirs et de repos, trafic intense sur les axes de circulation. La disparition croissante d'un grand nombre de plantes et d\' animaux typiques d'une part et la progression en parallèle de graminées et autres plantes concurrentielles et menaçantes sur le plan écologique pour la végétation d'origine d'autre part en sont les conséquences directes. La protection de l'écosystème d'origine enc ore exist ant ne pourra se faire qu'en conservant les habitats clairs, en respectant certaines règles quant aux loisirs et à la fréquentation de la forêt et en éliminant les essences indésirables.
La forêt du Lenneberg, lieu privilégié de repos et de loisirs pour les populations de Mayence et de Budenheim, est fréquentée chaque année par près de 1 million de personnes - accompagnées de 90.000 chiens -, ce qui ne peut rester sans conséquences sur un milieu aussi sensible. Ainsi, tout un réseau de petits sentiers sillonne une partie de la forêt, empêchant un développement naturel de la flore et de la faune. En outre, les déchets des visiteurs, la pollution de l'air et les excréments des chiens changent la composition des formations végétales.
Afin d'analyser et de réduire ces effets nuisibles de notre civilation, un projet de recherche scientifique et de protection a été mis en place par les institutions publiques propriétaires de la forêt (le Land de Rhénanie-Palatinat, la ville de Mayence, le Comité pour la Conservation de la Forêt du Lenneberg et la commune de Budenheim) qui le financent. Sur la base d'une étude scientifique de l'Université de Mayence, la forêt du Lenneberg a été déclarée réserve naturelle. Un plan de protection et de développement définit les mesures d'entretien, le choix des essences, le développement des landes de pins et le contrôle des visiteurs. Pour la protection de la flore des sables et de la faune caractéristiques de la partie orientale ainsi que de la partie occidentale du domaine forestier du Lenneberg, les futaies de pins sur taillis parsemées de quelques feuillus laissant passer la lumière tels que chênes et cerisiers devront être conservées et développées. Au centre du domaine, qui sert beaucoup plus de lieu de repos, ce sont au contraire les futaies de feuillus d'essences mixtes telles que hêtres, érables, tilleuls, cerisiers et alisiers qui devront être favorisées.